jeudi 18 novembre 2010

lecture/rencontre de Sylvie Durbec à Strasbourg le 20 novembre, librairie Kléber à 11 heures


Infos et réservations au 03 88 15 78 88


mercredi 17 novembre 2010

LA PETITE LIBRAIRIE ROUVRIRA SES PORTES LE 11 ET 12 DECEMBRE


LA PETITE LIBRAIRIE ROUVRIRA SES PORTES LE 11 ET 12 DECEMBRE

2010 à 15 heures le samedi et dès 11 heures le dimanche

retenez ces dates !

programme détaillé prochainement


avec un très beau programme : Baz’art, littérature jeunesse et poésie

en présence de poètes et éditeurs

tels que Hervé Bougel, Sophie G.Lucas, Pierre Présumey, Daniel Labedan,

Anne et Jean‐Christophe Belleveaux, Véronique Agostini, Anne‐Lise Blanchard

et de nombreux artistes plasticiens venus vous proposer leurs oeuvres à

des prix aussi doux que la neige en Provence...

mardi 16 novembre 2010

LIVRE des ESQUISSES, Jack Kerouac


Maquiller la mort
prit des années; C. revint
faible, blême, nerveuse;
ramena des douleurs nerveuses avec
son frêle & minuscule enfant;

les mois passèrent - un
des chiens de chasse mourut de
la danse de Saint-Guy -
dans la boue- Seul
le vieux Bob survécut, assis
à attendre son maître
dans les crépuscules gris -
L'automne vint, l'hiver
déposa un tapis de neige d'un pouce
d'épaisseur, le printemps
exalta l'odeur puissante
& sucrée des pins, l'été
envoya sa grande brume de chaleur
percer un trou à travers
les nuages & dissiper
les vapeurs de la terre
féconde - la terre perdue -
La Compagnie transféra
Paul d'une ville à
l'autre - Kinston -
Tarboro - Henderson -
(le berceau de sa famille)-
retour à Kinston-
Rocky MT. (...)

Jack Kerouac, Livre des esquisses, La table ronde, 2010

dimanche 14 novembre 2010

Quelques lettres des saisons, Yves_Jacques Bouin



Dans ma lettre d'été bouge l'arrogance régnante d'un orage d'août.
(...)
Ma lettre d'automne est une halte d'octobre, le souvenir d'un fruit mordu de part et d'autre, quand deux bouches s'attardent aux lents parfums des promesses.
(...)
Ma lettre d'hiver est jeune des premières audaces de janvier.
(...)
Ma lettre de printemps s'ouvre sur un jour de mai comme une plaie qui ne peut se refermer.
(...)
Yves-Jacques Bouin, Le soleil insite, Fer de chance éditeur

vendredi 12 novembre 2010

Et puis si calme...



Et puis si calme devant la nuit

surgit le cerf aux bois immenses

qui disparaît dans le sombre du soir

où personne ne le retrouve


Nous sommes les blessés du chemin

dans sa course lente vers demain

nous continuons à scruter les bois

et nous abandonner au vent froid


De la forêt de Mers/Indre, ce soir, SD

mercredi 10 novembre 2010

Journal d'absence, Jacques Josse


(...)
Quatorze jours durant, errant, présent pour personne, sauf pour la disparue, il s'est contenté d'endosser l'habit du guetteur à distance.

Maintenant il doit rebrousser chemin. Il va du casino au port. Devine l'îlot de La Mauve et Le Gerbot d'avoine pris dans une tourmente grise et glaciale. Traversant la plage de la Comtesse à marée basse, il se remémore un autre dimanche où, effectuant la même balade, il avait aperçu une jeune femme brune, en imper blanc et parapluie rouge, immobile devant l'océan. La veille, Paul Vatine qui avait l'habitude d'amarrer son bateau ici même, était tombé à la mer, avalé, emporté par une vague, au large des Açores. Dans son esprit, la présence de cette inconnue à l'air grave, la disparition du marin, celle de la petite partie mourir dans les bois, se trouvent liées.
(...)
Jacques Josse, Journal d'absence, Apogée éditeur

lundi 1 novembre 2010

Gustave Roud, ce matin avant de filer vers la Bretagne et Quimper:


"Sentiment d'être cerné par ceux qui peuvent - et moi je ne peux pas comme eux, je tâte mes biens noués dans un petit mouchoir sans cesse plus réduit."

Journal, 28 août 1960