vendredi 20 novembre 2009

Hommage à Pentti Holappa, de retour de Finlande


Promeneurs dans la nuit - mon chien et moi nous entendons
le sifflotis d'un merle noir. Ce son
et notre affection réciproque nous unissent
comme un pont par-dessus le gouffre qui sépare les espèces

et l'avalanche de neutrons dans le tissu de nos corps.
A vrai dire peut-être sommes-nous deux éclairs
avides d'éternité, deux éclats de lumière...

Pentti Holappa

Le voyage en Finlande s'entend aussi comme un voyage dans la poésie de ce pays, proche et lointain, comme un pont, dit Pentti Holappa, entre des mondes et au-dessus des gouffres.

vendredi 13 novembre 2009

Demain Jean-Gabriel Cosculluela et la poésie sont au rendez-vous de la Petite Librairie des Champs!

De l'Aragon jusqu'à Boulbon, quelques kilomètres...

jeudi 12 novembre 2009

James Sacré le 12 & 13 décembre à la Petite Librairie des Champs


Le désir échappe à mon poème 

En repassant par des paysages déjà parcourus 
À cause que de la lumière manque, temps gris, 
L’éclat de pierres noires sur les pentes pétries de chaleur 
N’est plus rien qu’une étendue de caillasse terne. 
Entre Alnif et Tazzarine
Dans le piedmont sud du djebel Sarhro

Sijilmassa aussi a quasiment disparu
On n’entend plus que des mots. 
Il y a des formes qui s’enferment dans les sables. 

Ce désir est un désert. 

James Sacré, Le désir échappe à mon poème, dessins de Mohammed Kacimi, éditions Al Manar, 2009

mercredi 11 novembre 2009

Faire la lumière, Jean Gabriel Cosculluela ce samedi 14 novembre à Boulbon


Faire la lumière

(extraits)

 

à  My, Clara et Alicia

 

Il reste de longues heures sur le talus à faire la lumière sur ce qui s’est passé. Dans un silence inouï. Il regarde le silence . Le talus est déjà affouillé sur les bords du lac.

 

Aucun des mots qu’il écrit ne tient en place. Il écrit depuis là où il est pour aller vers là où il n’est pas. Il n’y a pas d’envers ni d’endroit : la vie s’écrit avec la mort, et la mort avec la vie. La mémoire vit et meurt avec l’oubli. Il écrit pour trouver son absence et un peu de lumière.

 

Il est d’un lieu terreux où l’eau est venue lente, mendiante, recouvrir la terre, les chemins,  les maisons, sa maison. Où l’eau est venue sans adieu.

 

… / 

 

grains de blé et de silence.

 

Le village est affouillé dans la nuit de l’eau et de la terre. Dans le silence.

Le sable.

 

Où partir hors ce pays des morts où les mots ne reviennent qu’avec leurs premières lettres ? Où ? Le mot où vient à peine de commencer. Comme le mot sable. Il glisse entre les mains.    

 

C’est un mot, où, c’est un mot, sable, pour trouver son absence, glissant entre la terre cette couleur et la douleur d’aller chercher l’eau sous l’eau, la terre sous la terre,  le silence sous le silence quand il n’a que les premières lettres.

 

C’est un récit insupportable qu’il écrit pour intercepter, entrevoir quelques instants la lumière. Et faire la lumière.

 

Il se souvient maintenant de la dernière promenade qu’il fit ici avant la venue de l’eau, de la dernière conversation. Enfant.

Devant sa maison, affouillée,  il y a la marelle, il n’y a pas de paradis, il n’y a pas d’enfer. Il y a eau. Il y a terre. Il y a sable. Il y a silence. Il y a où. Où sauter dans la lumière ?

 

…/…

 

Il  y a maintenant un enfant dans cette marelle de premières lettres qui s’effacent presque.

 

Sous l’eau, sous la terre, sous le sable, sous le silence, avec le sable, la nuit est cristalline. Ne serait-ce que ce chant profond, esseulé. Pour faire la lumière avec l’absence et le vide.

 

Jean Gabriel Cosculluela

Faire la lumière

(Editions Atelier des Grames, 2009), avec des pastels de Thémis S/V

mardi 10 novembre 2009

Pour Marie NDiyae/contre ER et son devoir de réserve imposé aux artistes!

 
POUR MARIE NDIAYE, cet extrait, la première page des Trois Femmes puissantes, en réponse aux propos d'ERIC RAOULT

Et celui qui l'accueillit ou qui parut comme fortuitement sur le seuil de sa grande maison de béton, dans une intensité de lumière soudain si forte que son corps vêtu de clair paraissait la produire et la répandre lui-même, cet homme qui se tenait là, petit, alourdi, diffusant un éclat blanc comme une ampoule au néon, cet homme surgi au seuil de sa maison démesurée n'avait plus rien, se dit aussitôt Norah, de sa superbe, de sa stature, de sa jeunesse auparavant si mystérieusement constante qu'elle semblait impérissable.

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Il gardait les mains croisées sur son ventre et la tête inclinée sur le côté, et cette tête était grise et ce ventre saillant et mou sous la chemise blanche, au-dessus de la ceinture du pantalon crème.

Il était là, nimbé de brillance froide, tombé sans doute sur le seuil de sa maison arrogante depuis la branche de quelque flamboyant dont le jardin était planté car, se dit Norah, elle s'était approchée de la maison en fixant du regard la porte d'entrée à travers la grille et ne l'avait pas vue s'ouvrir pour livrer passage à son père - et voilà que, pourtant, il lui était apparu dans le jour finissant, cet homme irradiant et déchu dont un monstrueux coup de masse sur le crâne semblait avoir ravalé les proportions harmonieuses que Norah se rappelait à celles d'un gros homme sans cou, aux jambes lourdes et brèves.

lundi 9 novembre 2009

Buée, extraits, JG Cosculluela


Buée 

(extraits)

 

A terre
le passeur s’esseule
en creusant les mots
dans la dernière compagnie
de ses mains
à la source de la prière

les morts donnent aux morts
l’absence vive des mots

 

 

Dans ses mains, il y a un creux
la disparition du paysage
à terre la trace nue de la mort
la buée des mots contre le froid
la voix basse de la buée
le feu


Buée
où le passeur s’esseule
vers le mot terre

dimanche 8 novembre 2009

Programme Rencontre –lecture avec Jean Gabriel Cosculluela et ses éditeurs Atelier des Grames et Jacques Brémond



Samedi 14 novembre 2009

à la Petite Librairie des Champs à Boulbon-sur-Rhône :

 

 

18 h

Lectures de textes et conversation avec les lecteurs

Extraits de livres publiés aux éditions Atelier des Grames et aux éditions Jacques Brémond, ou inédits à paraître chez ces éditeurs

« L’eau », « D’un retrait », « Faire la lumière »

« L’Odeur de brûler l’oubli», « Buée », « Continuo »

Extraits d’un essai sur les livres d’artistes

Lecture d’un livre d’artiste « Un mot, mendiant », mis en livre et interprété différemment par les éditions Atelier des Grames et les éditions Jacques Brémond

 

 

21 h

Chansons « Cronica de un pueblo », paroles et musiques de Jean Gabriel Cosculluela

« La Albada », « Las Calles », « El Arbol », « El Olor de la tierra », « Nana de lluvia y luz », « La Cadiera », « Ven a casa »

Chansons pour un village oublié, abandonné dans le Haut-Aragon (Pyrénées espagnoles) d’où l’auteur est originaire.