« Sur le visage de la patronne de l’hôtel où je m’arrête un quart d’heure pour prendre mon petit déjeuner, se devinent des trésors de tristesse. Je ne m’emploie pas à imaginer ce qu’elle a vécu en quarante-cinq ans, je me désole plutôt d’une existence qui, toujours, nous interdit de nous arrêter vraiment aux autres. La tendresse fraternelle qu’engendrent immanquablement les blessures et les désillusions, lisibles ici dans les rides d’un sourire las et bon, ce matin de pluie sur la rocade, je n’y goûterai qu’en passant, comme un petit voleur à la tire. Mais que pourrais-je lui offrir, et elle me confier ? Rien, et rien. Nous ne sommes jamais que de passage, partout, pour tous, absurdement pressés. » (p. 46)
Frédéric Ohlen / Benjamin Bozonnet / Celles qui demeurent
Il y a 2 minutes
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire