mardi 24 novembre 2009

Sable, sable de JG Cosculluela


Sable, sable 

 

 

 

                                   Pour Angel Campos Pampano

                                   (1957-2008)

 

                                   Entre là et pas-là 

                                   Paul Celan

 

                                   Un disparu qui s’avance hors

                                   de sa disparition

                                   Paul Celan

 

                                   Sable, sable et grains de sable

                                   Jeanne Benameur

 

Aux limites d’une terre,  le sable, insaisissable, ne sait rien de la terre inachevée que quelques mots : ciel, terre , sol, eau, ciel encore, lumière. Il lui faut la lumière.

 

Il veut encore des mots, comme les mots sortent du silence, comme les grains de sable glissent de ses mains, comme la terre vient encore où il marche au bord, cendre tirant sur le bleu, sous ses sandales. Il lui faut inévitablement descendre.

 

Le sable lui donne un lieu qui n’appartient pas, un lieu toujours pauvre de lieu, au bord, et qui garde la trace de son corps et de ses pas. Il jette encore une poignée de sable sur son corps et sur ses pas, et le sable l’esseule encore un peu plus entre ciel, terre,  sol, eau et lumière.

 

Le sable est encore pour un peu de temps le bruit de source de la lumière, il fait glisser le silence sous le ciel, sous la terre, sous le sol et sous la lumière qu’il renverse encore.

 

Près du lac, il se retrouve avec ce qui est perdu, là, sur le sable, sous le sable. Il n’y a pas de là. Seulement un lieu pauvre. Au bord. Et plus loin encore un autre bord, une vie est peut-être enfouie, là, ou une vie échouée, là. Au bord d’une eau infinie de ciel, d’une eau infinie de terre, d’une eau infinie de sol et d’une eau infinie de lumière.

 

Il marche seul sur cette terre d’erre qui s’ouvre au silence, comme aux pas de tout absent. Sur cette terre nue où le sable dénoue éperdument les étoiles dans le bleu ou dans le noir, sous le vent.

 

Il se tient là, pas là, seul, dans ses mains, il garde encore un peu de la poignée de sable, creusée de ses pas. Une  poignée de sable pour dire la terre nue où tout désert se nomme, où il peut venir déjà dans sa propre absence, portant son absence, là , pas là, personne se nommant sur ses traces, reste de la terre creusée en lui. Il lui faut la lumière dans le noir ou dans la cendre tirant sur le bleu. Sous ses sandales.

Jean Gabriel Cosculluela

15  avril 2009

 avec des mots en italiques d’André Du Bouchet


Arena, arena


                             Para Ángel Campos Pámpano

(1.957-2.008) 

  

Entre allí y allí-no

Paul Celan

 

Un desaparecido que avanza fuera 

de su desaparición

Paul Celan


Arena, arena y granos de arena

Jeanne Benameur

 

 

En los límites de una tierra, la arena, inasible, no sabe nada de la tierra inacabada, sino algunas palabras: cielo, tierra, suelo, agua, más cielo, luz. Necesita  la luz.

 

Quiere más palabras, como las palabras salen del silencio, como los granos de arena se escapan de sus manos, como la tierra acude aún donde camina al borde, ceniza que tira a azul, bajo sus sandalias. Necesita inevitablemente descender.

 

La arena le da un lugar que no pertenece, un lugar eternamente pobre de lugar, al borde, y que guarda el rastro de su cuerpo y de sus pasos. Arroja otra vez un puñado de arena sobre su cuerpo y sobre sus pasos, y la arena lo desampara un poco más entre cielo, tierra, suelo, agua y luz.

 

La arena es aún por un tiempo corto el ruido de manantial de la luz, hace deslizarse al silencio bajo el cielo, bajo la tierra, bajo el suelo y bajo la luz a la que derriba otra vez.

 

Cerca del lago, se encuentra con lo que está perdido, allí, sobre la arena, bajo la arena. No hay allí. Sólo un lugar pobre. Al borde. Y más lejos aún otro borde, una vida se ha ocultado quizá, allí, o una vida encallada, allí. Al borde de un agua infinita de cielo, de un agua infinita de tierra, de un agua infinita de suelo y de un agua infinita de luz.

 

Camina solo sobre esta tierra de errancia que se abre al silencio, como a los pasos de todo ausente. Sobre esta tierra desnuda donde la arena desata perdidamente las estrellas en el azul o en la negra oscuridad, bajo el viento. 

 

Permanece allí, allí no, solo, en sus manos guarda aún un poco del puñado de arena,  ahondado con sus pasos. Un puñado de arena para decir la tierra desnuda donde todo desierto se nombra, donde él puede acudir ya en su propia ausencia, llevando su ausencia, allí, allí no, sin que nadie se nombre bajo su rastro, resto de la tierra excavada en él. Necesita la luz en la negra oscuridad o en la ceniza que tira a azul. Bajo sus sandalias.  

  Jean Gabriel Cosculluela, 15 de abril de 2.009, con palabras en cursiva de André Du Bouchet

 - copyright Jean Gabriel Cosculluela, 2009

- ce texte paraît cette fin d'année 2009 dans la revue Espacio / Espaço Escrito (Badajoz - Extremadura) dans un numéro spécial Angel Campos Pampano; en France, il paraîtra en livre d'artiste avec des travaux de Catherine Liégeois.


 

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